La crise des missiles à Cuba a marqué un tournant dans la Guerre Froide entre les blocs communiste et capitaliste. Un tournant où il est devenu évident qu’aucun des deux blocs ne voulait déclencher une guerre qui se serait probablement terminée avec l’humanité.

En octobre 1962, dans le contexte de la Guerre Froide entre les États-Unis et l’Union soviétique, l’humanité dans son ensemble était au bord d’une hécatombe nucléaire. Nous parlons de la crise des missiles cubains, un des épisodes les plus tendus de cette confrontation. Il reste de nombreux vestiges de cette époque qu’il est possible de visiter à Cuba. Si vous recherchez plus d’information sur le sujet, visitez tourisme-cuba.fr.

Allons un peu plus loin dans ce qui s’est passé ce mois d’octobre 1962.

Contexte de la crise des missiles

Afin de comprendre ce qui s’est passé lors de la crise dite des missiles, nous devons d’abord faire une brève mise en contexte. Nous y aborderons certains aspects de la politique américaine en Amérique latine pendant la guerre froide.

Après la Seconde Guerre mondiale, le territoire latino-américain était une zone peu prioritaire pour la politique étrangère américaine, qui se concentrait sur l’Europe et l’Asie. En Amérique latine, le choix a été fait de rechercher une solidarité hémisphérique pour soutenir la politique américaine d’endiguement du communisme à l’échelle mondiale.

L’objectif de ce soutien était d’obtenir la coopération des nations latino-américaines pour protéger le continent de la menace communiste. Cela devait se faire par l’adoption de mesures de défense contre les agressions extérieures et la subversion interne.

Malgré cela, Washington ne considérait pas le communisme comme une réelle menace pour l’Amérique latine. Par conséquent, les États-Unis, par leurs politiques dans la région, ont “concilié leurs pratiques contre-révolutionnaires avec leur engagement en faveur de l’autodétermination”.

Cela signifiait que, à tout signe qu’un gouvernement latino-américain se tourne dangereusement vers la gauche et agisse contre les intérêts américains, Washington mettrait en œuvre une politique d’endiguement. Il s’agissait de pressions et de représailles économiques et/ou politiques.

La révolution cubaine et l’invasion de la baie des Cochons

Après la révolution cubaine, les États-Unis ont vu la nécessité d’agir pour empêcher le gouvernement de Fidel Castro de nuire aux intérêts américains sur l’île. Rappelons que Cuba était d’une grande importance pour les États-Unis en raison de sa situation géostratégique et de sa pertinence économique.

Alors que le gouvernement de Castro avançait, les relations cubano-américaines se détérioraient. Washington n’était pas seulement préoccupée par les mesures prises par le nouveau régime qui étaient contraires aux intérêts des investissements américains sur l’île. Elle était également et surtout préoccupée par les relations qui s’établissaient entre La Havane et Moscou.

Ce glissement vers le bloc soviétique s’est matérialisé par la signature d’un accord commercial bilatéral entre l’URSS et Cuba. Dans cet accord, l’Union soviétique s’est engagée à acheter un million de tonnes de sucre par an pendant quatre ans. Avec cette opération, le gouvernement de Fidel voulait réduire la dépendance économique qui existait avec l’économie américaine.

Le mouvement n’a pas plu au gouvernement américain et a établi un blocus commercial qui a empêché la vente d’armes à Castro. Face à cela, Fidel s’est tourné vers l’URSS pour se procurer des armes. La méfiance s’est accrue et les représailles prises par un gouvernement ont reçu la même réponse de l’autre.

Ainsi, à l’annulation du quota de sucre de Cuba a répondu l’expropriation de toutes les grandes entreprises à capitaux américains opérant à Cuba. A cela, les Etats-Unis ont répondu par un embargo commercial de l’île pour l’isoler, ce qui a favorisé l‘émigration massive des exilés cubains. Enfin, en 1961, elle a rompu les relations diplomatiques.

Playa Girón et l’offensive anti-Castro

Cette même année, Fidel Castro se déclare marxiste-léniniste. Cette action, aux yeux de Washington, a transformé l’île des Caraïbes en un satellite soviétique dans l’hémisphère occidental. Ils devaient l’empêcher à tout prix. C’est pourquoi une invasion militaire de l’île a été planifiée.

L’invasion a été approuvée pendant le mandat du président Kennedy, mais elle était déjà planifiée pendant la présidence d’Eisenhower. L’une des exigences pour mener à bien cette opération était que la participation américaine soit limitée au recrutement, au financement, à la formation et au soutien logistique du peuple anti-Castro.

Le 17 avril 1961, 1500 dissidents castristes, soutenus par le gouvernement américain, débarquent sur Playa Giron, dans la baie des Cochons (source). Le peuple cubain s’est mobilisé politiquement et militairement en faveur de Castro et, en seulement 48 heures, l’opération orchestrée par la CIA a échoué.

Malgré le fait que l’invasion ait été répudiée par une multitude de pays, le gouvernement Kennedy n’a pas nié sa participation à l’opération. En fait, elle a envoyé un message aux gouvernements d’Amérique latine les avertissant que, si nécessaire, elle agirait à nouveau unilatéralement afin de protéger l’hémisphère occidental du communisme.

La crise des missiles ou la crise d’octobre

Après l’échec de Playa Giron, le gouvernement de Castro craignait une nouvelle invasion imminente des États-Unis. Pour cette raison, elle a demandé le soutien de l’URSS. Cette demande d’aide a été considérée par Khrouchtchev comme une opportunité d’installer une base militaire stratégique sur l’île en réponse aux bases que les Etats-Unis avaient en Turquie et qui menaçaient l’URSS.

Sous prétexte de défendre l’île contre une attaque américaine, le gouvernement soviétique a installé une base de missiles qui avait la capacité de transporter des ogives nucléaires et de faciliter une attaque soviétique sur le territoire américain. En raison de la proximité de l’île avec les États-Unis, la capacité de l’armée américaine à réagir à une telle attaque serait minime.

À la mi-octobre 1962, des avions espions américains ont pris des photos qui ont révélé l’existence de ces bases de missiles soviétiques sur l’île. L’URSS a justifié l’installation des bases comme un acte altruiste d’aide à une nation menacée et qui avait donc le droit de se défendre.

Le début des menaces

Les États-Unis y ont vu une offense et une provocation. Ainsi, le 22 octobre 1962, le président Kennedy, après avoir envisagé des solutions possibles au conflit, diffuse à la télévision un discours informant que l’armée américaine établira une quarantaine et encerclera l’île.

Cette menace du leader soviétique n’a pas été mise à exécution, car le même jour, les navires de l’URSS ont ralenti et sont revenus ou ont changé de route. Il semble que, face à l’imminence d’une guerre nucléaire, le bon sens ait prévalu.

D’autre part, le 27 octobre, un missile soviétique a abattu un avion espion américain qui survolait l’île. Cet acte a accru la tension dans les deux blocs. Cependant, le même jour, Khrouchtchev a entamé un dialogue. Le leader communiste a proposé à Kennedy le démantèlement des bases de missiles nucléaires à Cuba et en échange :

  • Garantir que le gouvernement des États-Unis n’exécutera ni ne soutiendra une invasion de Cuba.
  • Démanteler les bases de missiles nucléaires américaines en Turquie.

Cette main tendue au dialogue a été bien acceptée par le gouvernement américain. Après des négociations secrètes continues, le dirigeant capitaliste a accepté. Cela a mis fin à une crise qui était sur le point de générer une guerre nucléaire sans précédent.

Au lendemain de la crise des missiles, le téléphone rouge a été créé. Il s’agissait d’une ligne directe entre la Maison Blanche et le Kremlin, destinée à accélérer le dialogue entre les deux puissances en temps de crise.