René Girard

Achever Clausewitz

Parution : thursday 4 October 2007
ISBN : 9782355360022
368 pages
22 €

René Girard aborde ici l’œuvre de Carl von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. On en a retenu un axiome essentiel : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Clausewitz aurait pensé que les gouvernements pouvaient faire taire les armes.

Mais le succès de cette formule témoigne d’un refus de voir la nouveauté du traité. Observateur des campagnes napoléoniennes, Clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de « duel », d’« action réciproque » ou de « montée aux extrêmes » désignent un mécanisme implacable, qui s’est depuis imposé comme l’unique loi de l’histoire. Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins.

René Girard fait de Clausewitz le témoin fasciné d’une accélération de l’histoire. Hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire, mieux qu’aucun autre, le mouvement qui va détruire l’Europe. « Achever Clausewitz », c’est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l’apocalypse a commencé. Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd’hui la planète entière.

René Girard

René Girard

René Girard, membre de l’Académie française et professeur émérite à l’université de Stanford, est l’auteur d’essais traduits dans trente pays : Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), la Violence et le Sacré (1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978), Je vois Satan tomber comme l’éclair (1999) et plus récemment Les Origines de la culture (2006).

Revue de presse

une réflexion inquiète mais stimulante sur la montée aux extrêmes de la violence.

Michel Audétat, L’Hebdo, 25/10/2007

René Girard a toujours considéré les Lumières européennes comme un mythe parmi d’autres. S’inspirant à la fois des Evangiles et des textes freudiens, il n’a cessé de traquer les failles propres à l’humanisme occidental, d’y guetter les traces précaires d’une autre rationalité, susceptible de penser la destinée humaine.

Dans son nouvel essai, l’anthropologue demeure fidèle à ce projet et accompli un geste périlleux. Lui dont on connaît l’agilité dans l’exégèse des textes littéraires ou sacrés s’empare cette fois du célèbre traité De la guerre, écrit par le général Carl von Clausewitz.

Jean Birnbaum, Le Monde des livres, 23/11/2007

écrit d’une plume claire et alerte

Jean Birnbaum, Le Monde des livres, 23/11/2007

Tous ceux qui pensaient que René Girard s’était assagi depuis son élection à l’Académie française en seront pour leurs frais. Il se montre dans ce livre plus abrupt que jamais : « Le monde est pris dans une montée aux extrêmes dont on ne voit pas qu’elle puisse aujourd’hui être interrompue. » Diantre ! Le point d’appui essentiel de sa démonstration : une relecture du livre de Carl von Clausewitz (1780-1831), De la guerre. L’interprétation classique de l’ouvrage inachevé du célèbre stratège prussien est amplement revue et corrigée. L’objet du litige se situe d’abord avec Raymond Aron. Le sociologue, en raison de sa foi rationaliste et humaniste, aurait totalement neutralisé l’interprétation de Clausewitz. Il n’aurait pas vu que ce dernier était dans une rivalité mimétique avec Napoléon, grand inspirateur de ses théories à la fois adulé et haï. Adulé, parce que stratège hors pair, malgré souvent son infériorité en moyens militaires. Haï, puisque Clausewitz le considérait comme responsable de son propre exil, loin du pouvoir auquel il aspirait.

Jean-François Petit, La Croix, 29/11/2007

À 84 ans, le voici qui aborde, non sans jubilation, la question de la guerre, celle qui met à nu les puissances du mimétisme, la « montée aux extrêmes, de Napoléon à Ben Laden» ; l’apocalypse. (…) Achever Clausewitz est un livre d’entretiens, ce qui contribue à fluidifier la pensée de René Girard, à en restituer le caractère méditatif tissé de raccourcis.

Eric Aeschimann, Libération, 06/12/2007

des pages magnifiques sur la fin des fonctions de la guerre et son dérèglement aveugle qui ne connaît plus aucune limite.

Hervé Couteau-Bégarie, La Nouvelle Revue d’Histoire, 01/01/2008

une pensée d’une incroyable puissance

Hervé Couteau-Bégarie, La Nouvelle Revue d’Histoire, 01/01/2008

[…] ce dialogue essentiel entre Girard et Chantre ne peut laisser indifférent. Il procure en outre de vrais plaisirs à l’intelligence, au long d’une conversation libre et maîtrisée à la fois.

Michel Kerauet, La quinzaine littéraire, 01/02/2008